Matières premières naturelles végétales et techniques d’extraction

Les essences utilisées dans la composition d’un parfum sont généralement fabriquées à partir de matières premières à origines végétales, animales ou synthétiques

1. Les matières premières végétales (liste non exhaustive)

Les fleurs :

  • Jasmin 

  • Ylang-Ylang

  • Rose ect..

Les fruits :

  • diverses variétés de citrons 

  • diverses variétés d’orange

  • bergamote ect..

Les autres (arbres, herbes, résines, feuilles, racines , graine) :

  • Cannelle

  • Santal ect..

Les parfumeurs ont donc imaginé, au cours des siècles, des techniques d'extraction et de conservation
leur permettant d'obtenir les essences les plus pures et les plus concentrées. Il existe trois principales méthodes d’extraction des essences : la distillation, l’extraction par des solvants volatils et l’enfleurage. 

La distillation est la méthode principale employée pour extraire les huiles essentielles. Connue dès l'Antiquité, elle s'est perfectionnée dans la civilisation arabe à partir du 8ème siècle et reste aujourd'hui une technique majeure de la parfumerie traditionnelle. La méthode de la distillation consiste à extraire le parfum par vapeur d'eau dans un alambic.

L'alambic est une cuve en acier surmontée d'un tuyau en serpentin dans laquelle on place les fleurs
et les végétaux sur un plateau perforé situé à la partie supérieure de la cuve ; l’alambic est ensuite
rempli d'une eau portée à ébullition. En s'élevant, la vapeur dégagée s'imprègne au passage des principes odorants de ces plantes et les entraîne dans un serpentin où un système de réfrigération permet sa condensation.

Le mélange d'eau et d'huile essentielle ainsi obtenu est alors récupéré dans des essenciers, encore appelés vases florentins, dans lesquels les deux liquides se séparent naturellement par différence de densité. Les huiles essentielles sont recueillies à la surface pour être utilisées en parfumerie, tandis que les eaux parfumées de certaines essences (eau de rose, eau de fleur d'oranger, etc.) sont réservées à d'autres usages. A titre d’information, cinq à six tonnes de roses sont nécessaires pour obtenir un kilo d'huile essentielle. 

Distilation .jpg

Distillation huile essentielle.

techniques d’extraction

L'extraction par des solvants volatils consiste à dissoudre la matière odorante de la plante dans un solvant que l'on fait ensuite évaporer. Cette technique pratiquée dès le 18ème siècle avec de l'éther, produit coûteux et fortement inflammable, utilise de nos jours des solvants plus adaptés comme l'éthanol, le méthanol, le benzène ou le dioxyde de carbone. Les végétaux sont placés dans d'énormes cuves en acier appelées extracteurs et soumis à des lavages successifs aux solvants qui se chargent ainsi de leur parfum. Après décantation et filtrage, le solvant est évaporé afin d'obtenir une sorte de pâte fortement odorante appelée concrète pour les fleurs et résinoïde pour la matière dérivée du traitement des plantes sèches (racines, mousses). Après une série de lavages à l'alcool dans des batteuses mécaniques et de glaçages, la concrète donne naissance à une essence pure appelée absolue

Cette méthode utilise des solvants de qualité alimentaire tels que l'hexane et l'éthanol pour isoler les huiles essentielles des plantes. Il convient mieux aux matières végétales qui produisent de faibles quantités d’huile essentielle, qui sont en grande partie résineuses, ou qui sont des aromatiques délicats, incapables de résister à la pression et à la détresse du distillation à la vapeur. Cette méthode produit également un parfum plus fin que n'importe quel type de méthode de distillation. Au cours de ce processus, les matières végétales non volatiles telles que les cires et les pigments sont également extraites et parfois éliminées par d’autres processus. Une fois que le matériel végétal a été traité avec le solvant, il produit un composé aromatique cireux appelé "béton". Lorsque cette substance concrète est mélangée à de l'alcool, les particules d'huile sont libérées. Les produits chimiques susmentionnés utilisés dans le processus restent ensuite dans l'huile et l'huile est utilisée dans les parfums par l'industrie du parfum ou à des fins d'aromathérapie.

La technique de l’enfleurage repose sur le pouvoir des corps gras à absorber naturellement les odeurs. Elle peut être pratiquée, selon la différence de résistance des plantes à la chaleur, à chaud ou à froid. L’enfleurage à chaud (ou macération) consiste à faire infuser les fleurs ou autres éléments odorants dans des matières grasses, huiles ou graisses, préalablement chauffées. Les mélanges obtenus sont ensuite filtrés à travers des tissus afin d’obtenir des onguents parfumés. Cette technique connue dès l’Antiquité fut complétée au cours des siècles par les progrès réalisés dans les autres méthodes d’extraction. Le lavage mécanique à l’alcool de ces pommades parfumées dans des batteuses permet ainsi de produire un extrait alcoolique parfumé après séparation des produits graisseux et alcooliques. Les fleurs les plus fragiles, comme le jasmin, la tubéreuse ou la jonquille ne supportant pas d’être chauffées, se développa également la technique de l’enfleurage à froid. Très répandue dans la région grassoise jusque dans la première moitié du 20ème siècle, elle consiste à étaler une couche de graisse inodore sur les parois d’un châssis en verre que l’on recouvre ensuite de fleurs. Ces fleurs sont renouvelées jusqu’à ce que la graisse soit saturée de parfum. Les pommades parfumées obtenues peuvent être utilisées en l’état pour la fabrication de produits cosmétiques. Traitées à l’alcool dans des batteuses pour les décharger de leur graisse, elles permettent d’obtenir après évaporation une absolue. Cette technique est très peu utilisée aujourd’hui, car très coûteuse.  

Moustadrane abdou